Séances, séquences,etc…

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Quand on débarque dans le grand navire, toujours en mouvement, qu’est l’Education Nationale, on doit s’approprier de nouveaux termes et concepts, de nouvelles méthodes et réflexions sur la pédagogie et la didactique disciplinaire conformément aux Bulletins Officiels.

Pour les profs débutants, la découverte est grande et doit être assimilée rapidement, parfois même dans l’urgence !

Voici une liste minimaliste de 12 « concepts » à maitriser . 

1. LE B.O.

La « bible » quand on prépare ses cours, c’est le B.O. décrivant le programme de l’année. On doit se plaquer au B.O. Il existe souvent aussi des B.O. « document d’accompagnement du programme », bien utile aux profs !

2. LA PROGRESSION ANNUELLE

C’est une sorte de planification des séquences et séances sur l’année : cela nous permet d’évaluer le temps que l’on doit mettre environ pour chaque partie.

A partir du référentiel du diplôme, on construit par niveau une progression dite inductive ou déductive.

L’idée c’est bien entendu…. de la respecter, ce qui n’est pas toujours évident quand on a le niveau ou le programme pour la première fois.

3. LES SEQUENCES

La progression annuelle est découpée en séquences. Les séquences sont les « grandes parties  » du programmes. Ces grandes parties ne sont pas obligatoirement celles désignées dans le BO par « 1. »,  « 2. » etc…
Non, on intitule ses séquences comme on le souhaite, on découpe le programme en grandes parties selon notre perception de la progression et en adéquation avec classe ( niveau, origine scolaire,…).

4. LES SEANCES

Les séances composent nos séquences. Une séquence peut comporter par exemple 4 ou 6 séances.  Une séance est la durée d’un cours (ou d’une séance d' »activité technologique » en CTRM) Elle peut durer 1heure, 1h30, 2h… On intitule les séances aussi à « notre façon »

5. LES OBJECTIFS DE LA SEANCE

Dans chaque séance on annonce les objectifs.

Ceux-ci doivent être « mesurables » et peuvent reprendre des termes du BO.
Par exemple  : Collecter et analyser les informations liées à l’itinéraire..
Cela signifie qu’à la fin de la séance l’élève doit savoir : « Collecter et analyser les informations liées à l’itinéraire. »

La maîtrise des verbes utilisés dans les objectifs sont essentiels pour comprendre ce qui est attendu de l’élève.

Vous pouvez aisément calquer vos titre de séance sur les compétences ou sous -compétences à atteindre de votre référentiel.

Il s’agit en CTRM de la sous- compétence C114 :

« 2-1-2 – Les compétences à developper

C1 : COMMUNIQUER – S’INFORMER – ANALYSER

C1.1 : Collecter et exploiter les informations nécessaires au transport.

  • 1 – Utiliser les différents supports documentaires.
  • 2 – Collecter toutes les informations nécessaires au transport à réaliser.
  • 3 – Exploiter et analyser les informations liées à la réglementation du transport.
  • 4 – Collecter et analyser les informations liées à l’itinéraire. »

Notons que chaque objectif commence par verbe d’action : utiliser, collecter, exploiter, analyser,…

Par contre, on ne peut pas mettre comme objectif « comprendre la notion de… » car on ne peut évaluer la compréhension de l’élève que s’il sait « expliquer » ou « présenter« . Il faut avoir l’esprit que l’élève doit savoir restituer les savoirs et savoir-faire acquis.

6. LES ACTIVITES DE LA SEANCE

Dans chaque séance on annonce les activités à réaliser par les élèves. Ces activités doivent permettre à l’élève d’atteindre les objectifs énoncés. Elles sont introduites par des consignes commençant par des verbes d’action précis : Réaliser un schéma …. Identifier les ... »
Pour réaliser des activités, l’élève peut necessiter de supports :
– des documents papier sur un ouvrage scolaire ou trouvés sur le net
– des documents sur des sites
– un extrait de film, d’une émission radio, d’un journal
– un diaporama….

Attention : en pédagogie inversée, ce travail est réalisé en amont.

7. LES SYNTHESES

La correction des activités amènent à la rédaction d’une synthèse en fin de séance.

Cette synthèse répond donc en fait aux objectifs énoncés au départ. C’est ce que l’élève doit maîtriser, conformément au B.O.

Cependant, il ne faut pas résumer la fin de séance à la synthèse. Il faut aussi chercher à savoir si le message est passé et si la compétence est acquise par une évaluation dite formative (voir ci-aprés). Il ne faut pas oublier d’annoncer l’objectif de la séance suivante, les éventuels devoirs ,…

8. LES EVALUATIONS

Les connaissances (savoirs), les savoir-faire, les savoir-être des élèves doivent être évalués.

  • En cours d’apprentissage, on parle d’évaluation formative : celle-ci n’est pas notée. Concrètement : l’enseignant passe par exemple derrière les élèves pour observer puis évaluer la compréhension des élèves pendant qu’ils font un exercice ; l’enseignant corrrige un exercice que les élèves ont remis (mais sans noter). il peut aussi réaliser un quiz rapide, suggérer une carte heuristique, etc.
  • L’enseignant doit aussi procéder à des évaluations sommatives. Elles sont notées. Cela se traduit par exemple par une interrogation orale de quelques élèves sur la leçon précédente. Et plus communément, par un contrôle, un « devoir surveillé ».
  • Il y aussi l’évaluation certificative, celle qui va contribuer à l’obtention du diplôme comme les CCF (contrôle en cours de formation)
  • On peut aussi amener les élèves à faire des auto-évaluations, par exemple à l’aide d’une grille qu’ils cochent lors de révisions mensuelles. La grille comporte les compétences dans une colonne et les mentions « acquis/en cours d’acquisition/non-acquis à cocher dans une autre colonne.

9. PEDAGOGIE ET DIDACTIQUE

La pédagogie peut se définir par l’ensemble de méthodes, de techniques, utilisées pour transmettre des savoirs, des savoir-faire, voire des « savoir-être » .

Personnellement, j’aime bien par exemple utiliser la technique du « remue-méninges » (ou « brain-storming ») en début de séance lorsqu’un des objectifs est de définir un concept. Actuellement on privilégie la pédagogie inductive, voire la pédagogie d’investigation à la pédagogie déductive.

Pour faire court :
– la démarche déductive : consiste par exemple à définir, expliquer un concept, puis ensuite de proposer un exercice d’application ;
Exemple :
1. Dans la légende d’une carte routière, on trouve les types de routes classées par couleurs…
2. Identifier les 3 types de route et leur couleurs dans la légende proposée.

– la démarche inductive consiste à donner un exercice, suite auquel les élèves parviennent à définir ou expliquer le concept voulu
Exemple :
1. Identifier les différents types de routes sur votre carte routière.
2. Proposer, une itinéraire non payant entre Paris et Lyon autorisé aux PL.

– la démarche d’investigation incite encore davantage les élèves à être acteurs de leur apprentissage. Elle consiste par exemple à « lancer une phrase d’accroche » puis à laisser les élèves chercher et trouver les élements permettant d’atteindre l’objectif, à travers la formulation d’hypothèses.
Exemple : Votre patron vous dit que votre conduite très économique et très rationnelle. Il ne comprend pas pourquoi il n’arrive pas à rentabiliser vos Paris- Lyon. Il vous demande de trouver des solutions pour baisser le coût. 

Les élèves, en travaillant ici par exemple par 4 ou 5, vont se poser des questions et tenter d’y répondre : « Quels coûts peuvent baisser ? le salaire ? l’assurance ? les péages?  » etc…
En mettant les hypothèses des groupes d’élèves en commun, on peut amener les élèves à proposer une solution commune qui évite les autoroutes. Le rôle de l’enseignant se « limite » ici à orienter les élèves, les encourager à approfondir les réflexions…

  • Quand les activités le permettent, il est intéressant de privilégier aussi la « pédagogique de groupe », c’est à dire l’interaction des élèves (le travail en petits groupes) basée sur la fédération des richesses (savoirs, savoir-faire, savoir-être…) individuelles.

10. LA DIDACTIQUE

Elle concerne les façons d’enseigner une discipline spécifique. On parle de la didactique des CTRM par exemple.

11. L’ENSEIGNANT, MEMBRE D’UNE EQUIPE EDUCATIVE

  • Travailler « seul dans son coin » est à proscrire. Afin de donner de la cohesion, de la cohérence, de la pertinence aux enseignements, il faut chercher à s’impliquer dans des actions pluridisciplinaires, dans l’interaction des savoirs entre deux (ou plusieurs) disciplines.
  • L’élève est à considérer dans sa globalité. Un cours aura plus d’impact sur l’élève s’il arrive à l’associer à d’autres qu’il a reçus dans d’autres disciplines.
  • De plus, l’enseignant est un membre d’une équipe qui accompagne l’élève. L’équipe est amenée à se concerter sur la classe, sur un élève…

12. REMC

Une des particularités de l’enseignement de la conduite routière est la combinaison des démarches pédagogiques et des méthodes pédagogiques enseignée en BEPECASER.

L’ex PNF (Plan National de Formation) des conducteurs porte le nom de REMC aujourd’hui que je développe dans une autre partie.

En conduite routière, on parlera de :

  • méthode magistrale
  • méthode de la découverte
  • méthode des essais et des erreurs
  • méthode cognitive
  • méthode démonstrative
  • méthode interrogative
  • de guidage
  • de guidance
  • de comportement
  • d’attitude
  • de risques
  • d’objectifs et de sous-objectifs
  • de compétences
  • méthode préventive
  • méthode défensive
  • rationnelle

Autant de termes ou de concepts que beaucoup maitrisent et de d’autres utilisent sans le savoir et que je développerai ensuite.

Certains sont inconnus du corps d’inspection non issu de la formation en conduite routière .

Alors bon courage et si vous avez des questions ou des informations, n’hésiter pas à me laisser un message.